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Chiner efficacement : ce que je regarde, dans quel ordre

Par · · 5 min de lecture

La friperie récompense la méthode plus que la chance. Trois filtres appliqués dans l'ordre évitent d'y passer des heures pour rien.

Le seconde main a une réputation de loterie. C'en est une si on parcourt les portants au hasard ; beaucoup moins si on applique quelques filtres dans un ordre fixe.

1. La matière, au toucher

Je parcours en touchant plutôt qu'en regardant. Les matières se repèrent à la main beaucoup plus vite qu'à l'œil, et ce premier tri élimine l'essentiel du portant en quelques minutes.

C'est aussi ce qui fait la différence entre chiner et fouiller : on cherche une sensation, pas un article précis.

En friperie, la main va plus vite que l'œil. On repère une bonne matière sans avoir lu une seule étiquette.

2. L'état, aux points de tension

Une fois la pièce en main, l'inspection se concentre sur les endroits qui lâchent en premier :

Les mailles demandent une attention particulière : on regarde s'il y a des accrocs, et on tend légèrement pour voir si la maille reprend sa forme.

3. La taille, qui ne veut rien dire

C'est le filtre que je place en dernier volontairement. Les tailles indiquées varient énormément selon l'époque et la provenance, au point qu'elles n'ont pas de valeur informative.

Il faut donc essayer, ou à défaut mesurer à plat et comparer à un vêtement qu'on possède — ce qui suppose de connaître ses propres mesures, seul repère stable.

Ce que je ne prends pas

Les taches anciennes sur les matières claires, qui ne partent généralement pas. Les vêtements dont la doublure est abîmée alors que l'extérieur va bien : la réparation coûte souvent plus que la pièce. Et les tissus qui ont perdu leur tenue — un vêtement mou qui devait être structuré ne se rattrape pas.

La règle qui évite les erreurs

Le prix bas fait acheter des choses qu'on n'aurait pas regardées neuves. La question de la combinabilité reste la même : avec combien de choses est-ce que ça se porte ? Une pièce à petit prix qui ne va avec rien reste une pièce qu'on ne portera pas.

Portrait de Chloe Petit

Chroniqueuse mode

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